FRDO CFDD

CONSEIL FÉDÉRAL DU DÉVELOPPEMENT DURABLE

Forum annuel 2009 | Sustainable New Deal

Start date / end date: 
16/11/2009 - 09:15

Un Sustainable New Deal pour la Belgique.

 

FORUM CFDD 16 NOVEMBRE 2009

        

Intro

Sustainable New Deal. La crise financière et économique à laquelle nous sommes confrontés depuis l’année dernière exige une réponse politique réfléchie, aussi bien au niveau international, qu’aux niveaux national ou régional.   

Non pas une politique à court terme, mais bien une politique qui part d’une vision à long terme sur une économie pauvre en carbone, qui réduit de façon drastique les émissions de gaz à effet de serre, utilise avec parcimonie l’énergie et les matières premières, et est attentive aux impacts sociaux de notre production et de notre consommation. Autrement dit, une politique qui intègre effectivement les trois dimensions du développement durable.                     

Dans cet esprit, tant le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, que le Directeur de UNEP Achim Steiner et beaucoup d’autres plaident pour un “Green New Deal” comme réponse à la crise actuelle, en analogie avec le New Deal de Franklin Roosevelt qui devait constituer la réponse à la dépression des années 30 et qui a inauguré la période de croissance de l’après-guerre.

Le Conseil fédéral du développement Durable (CFDD) a décidé de placer son forum annuel sous le signe de ce thème actuel, que l’on décrit comme un “sustainable new deal” , afin de montrer clairement qu’outre les dimensions économiques et environnementale, la dimension sociale doit aussi être prise en compte. L’objectif du forum est de rendre le thème un peu plus concret et de formuler des propositions politiques. Comment pouvons-nous évoluer d’une  politique d’urgence vers une reconstruction de l’économie dans un sens durable ? Que pouvons-nous réaliser dans notre pays, et quel rôle peuvent assumer les autorités, les organisations sociétales et les citoyens ?

 

Programme

Pendant la matinée, nous examinerons le concept de “Sustainable New Deal” aux niveaux international et national. Après une approche mondiale par Olivier Deleuze (UNEP), Geert Noels (conseiller économico-financier et auteur de  “Econoshock”) et Philippe Van Parijs (Responsable de la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale, UCLouvain), chacun avec son angle de vue personnel, présenteront leur approche de ce que pourrait signifier un Sustainable New Deal pour notre pays. Pour clôturer la matinée, nous aurons une discussion en panel, pendant laquelle les orateurs pourront aussi répondre aux questions de la salle.

Durant l’après-midi, nous rendrons plus concret le concept de Sustainable New Deal à l’aide de 3 thèmes : innovation et technologie, bonnes pratiques au niveau local et investir dans un SND. Serge De Gheldere (Ambassadeur climat d’ Al Gore, professeur invité auprès de Groep T), Amanda Smith (Senior Lecturer in International Studies, Nottingham Trent University, UK) et Raymond Van Ermen (Administrateur délégué de  European Partners for the Environment (EPE) et de l’ “European Platform on Finance and Eco-Innovation” ) introduiront les thèmes respectifs, et le public pourra réagir. Ensuite, un panel de stakeholders s’exprimera sur les mesures politiques. Le forum se terminera avec un discours du Premier Ministre Herman Van Rompuy.

 

  • 08h30 | Acceuil - café
Que signifie un Sustainable New Deal in?
  • 09h10 | Mot de bienvenue par Monsieur Theo Rombouts, président du CFDD (texte)
  • 09h15 | Discours d’ouverture par le ministre du climat et de l’énergie Paul Magnette
  • 09h25 | Un Sustainable New Deal au niveau mondial, par Olivier Deleuze (UNEP) (présentation)
  • 09h50 | Un Sustainable New Deal au niveau européen, par Jos Delbeke (Commission Européen - DG Environnement) (présentation)
  • 10h15 | Un Sustainable New Deal pour la Belgique, présentations de Geert Noels (présentation) (conseiller économico-financier et auteur de  “Econoshock”) et de Philippe Van Parijs (présentation) et (texte) (Responsable de la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale, UCLouvain). Comment mettre en route une construction strcuturelle d’une économie durable, à partir des plans de relance avec des points forts et des points faibles ?
  • 11h00 | Pause café
  • 11h20 | Panel de discussion avec les trois orateurs, mené par le modérateur. Chacun des orateurs réagit aux propositions des autres, et aux réactions de la salle.  Les questions et remarques peuvent éventuellement être transmises par écrit au modérateur pendant la pause.
  • 12h20 | Lunch
Propositions politiques pour un Sustainable New Deal
  • 13u30 | Investir /financer un SND, par Raymond Van Ermen (Administrateur délégué de  European Partners for the Environment (EPE) et de l’ “European Platform on Finance and Eco-Innovation” )(présentation)
  • 14u15 | Eco-innovation et technologie pour un SND, par Serge de Gheldere (Ambassadeur climat d’ Al Gore, professeur invité auprès de Groep T) (présentation)
  • 15u00 | Du bottom-up au top-down: un SND à l’échelon local, par Amanda Smith (Senior Lecturer in International Studies, Nottingham Trent University, UK) (présentation)
  • 15u45 | Pause café
  • 16u05 | Panel d’acteurs sociétaux , avec Rudi Thomaes (employeurs), Claude Rolin (syndicats),  Anne De Vlaminck (ONG environnement) et Els Keytsman (ONG développement). Comment réagissent les organisations de la société civile vis-à-vis des propositions politiques formulées dans les trois domaines? Quelles sont les priorités ? Comment les stakeholders peuvent -ils contribuer à la réalisation des ces propositions?
  • 16u45 | Discours de clôture par Herman Van Rompuy, Premier Ministre (texte)
  • 17u00 | Fin

 

Biographie des orateurs

  • Paul Magnette | Paul Magnette (1971) a étudié les sciences politiques et la construction européenne à l'ULB (1989-94) et à l'Université de Cambridge (1994-95). Il devient professeur de sciences politiques et Directeur de l'Institut d'Études européennes de l'ULB (2001-2007). Début 2007, il fait le grand saut en politique : il prend la tutelle du PS de Charleroi et devient Ministre de la Santé, de l'Action sociale et de l'Egalité des chances au sein du Gouvernement wallon. Fin 2007, Paul Magnette est nommé Ministre fédéral du Climat et de l'Énergie.
  • Olivier Deleuze | Olivier Deleuze (1954) est ingénieur agronome de formation. Il a été directeur de Greenpeace et a travaillé, à partir de 1981, pour Ecolo. Il a assuré deux mandats en tant que représentant de ce parti et a été, de 1999 à 2003, Secrétaire d'État à l'Énergie et au Développement durable sous le gouvernement Verhofstadt I. Depuis 2004, il est Directeur de la Cellule politique du PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) à Nairobi. 
  • Jos Delbeke | Jos Delbeke (1956) est, depuis 2008, directeur général adjoint pour l'Environnement à la Commission européenne (DG Environnement). Auparavant, il était directeur chargé des questions relatives au changement climatique et à la qualité de l'air à la DG Environnement. Il a participé étroitement aux négociations sur le protocole de Kyoto. Avant sa carrière de fonctionnaire européen auprès de la Commission, Jos Delbeke travaillait au Fonds monétaire international et était professeur de macro-économie à la Vlaamse economische hogeschool VLEKHO à Bruxelles.
  • Geert Noels | Geert Noels (1967) a étudié l'Économie à Anvers et a obtenu un MBA à Leuven. Il a débuté sa carrière chez Coopers and Lybrand, et a ensuite travaillé pendant deux ans au bureau d'études du VEV. À partir de 1994, il travaille comme économiste chez Petercam, dont il a été administrateur et associé.  Ces dernières années, il s'est hissé au rang de célèbre billettiste et faiseur d'opinions sur des thèmes financiers et économiques.  En 2008, il a quitté Petercam et a fondé la société Econopolis. Geert Noels est également l'auteur de “Econochoc”. Il est aussi un orateur très demandé sur l'économie et les placements.
  • Philippe Van Parijs | Philippe Van Parijs (1951) est docteur en philosophie et en sciences sociales. sla linguistique. Il est professeur ordinaire à la Faculté des sciences économiques, sociales et politiques de l'Université Catholique de Louvain où il anime – depuis sa création en 1991 – la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale. Depuis 2004, il est professeur invité au département de Philosophie de Harvard University. Il est cofondateur du Basic Income Earth Network et a reçu le prix Francqui en 2001.
  • Raymond Van Ermen | Raymond Van Ermen (1949) est, depuis 1998, administrateur délégué de European Partners for the Environment (EPE) et de l' "European Platform on Finance and Eco-Innovation". Il est également membre du Comité exécutif du Sustainable Trade and Innovation Centre (Centre pour le commerce durable et l'innovation) à Genève et rapporteur du "Forum permanent de la Société civile européenne". Auparavant, il a été Secrétaire général de l'ONG Inter-Environnement Wallonie et secrétaire général du Bureau européen de l'Environnement.
  • Serge De Gheldere | Serge De Gheldere (1967) est ingénieur de formation. En cette qualité, il s'est penché sur le développement de produits dans les entreprises. En 2000, il a fondé "Futureproofed", un bureau de consultance axé sur l'intégration du développement durable dans les processus industriels et sociaux. En 2006, il est devenu l'un des ambassadeurs climat d'Al Gore, et il a présenté, tant en Belgique qu'à l'étranger, la projection de diapositives sur laquelle repose "Une vérité qui dérange". Serge De Gheldere est également professeur invité auprès du Groep T (Leuven).
  • Amanda Smith | Amanda Smith est Senior Lecturer in International Studies à la Nottingham Trent University en Angleterre. Elle enseigne et publie des ouvrages portant principalement sur des thèmes comme le développement durable local, la politique environnementale et climatique des villes et communautés et connaît bien les stratégies ascendantes comme les Transition Towns (Villes en transition).
  • Rudi Thomaes | Depuis 2004, Rudi Thomaes est administrateur délégué de la Fédération des Entreprises de Belgique.
  • Claude Rolin | Depuis 2006, Claude Rolin est secrétaire général du syndicat CSC.
  • Anne De Vlaminck | Anne De Vlaminck est conseillère politique d'Inter-Environnement Wallonie, fédération d'associations au service de l'environnement.
  • Els Keytsman | Els Keytsman est, depuis 2008, chef du Service politique d'Oxfam-Wereldwinkels.
  • Herman Van Rompuy | Herman Van Rompuy a étudié la philosophie et les sciences économiques (KUL). Depuis 1973, il est politiquement actif pour le CD&V. Depuis 1982, il enseigne à la Vlaamse Ekonomische Hogeschool de Bruxelles. Après deux mandats de ministre du Budget dans les années 90, Herman Van Rompuy est Premier Ministre du Gouvernement fédéral depuis décembre 2008.

 

Inscription

  • Vous inscrire est gratuit mais obligatoire. Vous pouvez vous inscrire en envoyant un mail vers mail@frdo-cfdd.be. Nous vous demandons d'utiliser comme sujet de ce mail inscription forum 16 novembre et de nous communiquer aussi dans le mail votre nom, prénom, organisation, addresse, téléphone et e-mail.

 

Localisation et traduction

  • Le centre de conférences Square Brussels (www.square-brussels.com) se trouve près de la gare central de la SNCB. Vous trouverez un iténéraire et un plan ici.
  • Une traduction simultanée est prévue dans trois langues (français, néerlandais, anglais).

 

Information de base

Un sustainable new deal

Qu'est-ce qu'un "sustainable new deal" ? Dans un avis récent, le CFDD le définissait comme suit : une "réponse structurelle et collective à la crise économique et financière, laquelle réorienterait notre production et notre consommation, tenant compte des défis écologiques, de la justice sociale et d'une économie saine."

Il s'agit d'un processus de transition complexe, impliquant tant les pouvoirs publics que les acteurs, et qui veut relever le défi à court terme de la crise par une politique intégrée et durable, également soutenable à long terme. Une politique qui part d'une économie pauvre en carbone qui réduit de façon drastique les émissions de gaz à effet de serre, utilise avec parcimonie l'énergie et les matières premières et est attentive aux impacts sociaux de notre production et de notre consommation. Autrement dit, une politique qui intègre effectivement les trois dimensions du développement durable.

Un Sustainable New Deal implique une perspective à long terme, mais cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'une politique d'avenir.En effet, il est nécessaire aujourd'hui de prendre cette vision pour point de départ des réponses politiques.Car les décisions que nous prenons maintenant en matière d'infrastructure, de logement et d'approvisionnement en énergie fixent nos choix sociaux pour plusieurs décennies, en raison de la durée de vie de tels projets.Il est inutile de proposer aujourd'hui des solutions politiques en vue d'une relance économique à court terme, lesquelles risquent à l'avenir d'engendrer des problèmes encore plus grands. Ainsi, il n'est notamment pas raisonnable de réduire les objectifs de l'UE sur le plan de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables et de la réduction des gaz à effet de serre, car les éventuels profits générés à court terme seront annihilés à moyen et à long terme en raison des coûts que les changements climatiques engendreront à l'avenir.

PNUE : Initiative "Économie verte" 

Dans cet esprit, tant le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-Moon que le directeur du PNUE Achim Steiner plaident pour un "Green New Deal" en réponse à la crise actuelle, par analogie avec le New Deal de Franklin Roosevelt qui devait constituer la réponse à la dépression des années 30 et qui a inauguré la période de croissance de l'après-guerre.

En mars 2009, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l'Environnement) présentait son "Global Green New Deal". Le PNUE plaidait pour que, les deux années suivantes, 1 % du PIB soit consacré à une économie plus écologique. Cela représente, avec 750 milliards d'USD, un quart du montant total consacré, au niveau mondial, à des mesures de relance. L'objectif à court terme est de relancer l'économie, de sauvegarder et de créer des emplois et de protéger les groupes vulnérables. À moyen terme, le Global Green New Deal doit assurer une croissance soutenue, réduire la dépendance envers le carbone et la dégradation de l'écosystème et contribuer à la réalisation des "Millenium Development Goals". Le PNUE estime qu'il est indispensable que l'approche plus écologique de la relance soit soutenue par une modification des structures politiques, tant au niveau national qu'international.

Les avantages fiscaux proposés par le PNUE sont classés, en ce qui concerne les pays industrialisés, dans trois domaines prioritaires : bâtiments peu énergivores, mobilité durable et énergie renouvelable. D'autres priorités s'appliquent aux pays en développement, comme des mesures visant à stimuler la productivité agricole et les approvisionnements en eau potable. Ces mesures doivent s'accompagner de réformes politiques axées sur la suppression de subsides "pervers" (p.ex. pour les combustibles fossiles) et sur l'augmentation de subsides pour une utilisation durable de l'énergie, afin d'introduire une fiscalité qui soutient une économie verte. La politique nationale doit reposer sur un contrôle efficace, conformément aux principes des comptes verts. En ce qui concerne le volet international, l'attention doit être focalisée sur le commerce, l'aide au développement, le prix du carbone et le transfert technologique. Le processus de Copenhague devrait donner lieu à un marché mondial du carbone, afin de donner un meilleur signal en matière de prix. Un marché mondial doit également être envisagé pour les services liés aux écosystèmes.

Vous trouverez des informations détaillées sur l'approche du PNUE sur le site web  http://www.unep.org/greeneconomy/GlobalGreenNewDeal/tabid/1371/language/...

G20 et OCDE

Le G-20 s'est tenu à Londres le 2 avril 2009. À l'occasion de ce sommet, un rapport intitulé "Towards a global green recovery" a été rédigé par une équipe de scientifiques sous la direction d'Ottmar Edenhofer et de Nicholas Stern. Le rapport affirme qu'une politique écologique mondiale de relance aurait des effets économiques favorables, permettrait de lutter contre les changements climatiques et réduirait l'insécurité énergétique et l'épuisement des ressources naturelles.

Selon les auteurs, les pays du G-20 doivent prendre l'initiative de lutter contre la récession et contre les changements climatiques. En effet, les pays du G-20 représentent les trois-quarts de la richesse mondiale, de la consommation énergétique et des émissions de gaz à effet de serre.  Le rapport appelle les pays du G-20 à concentrer leur politique de relance sur 7 domaines d'action stratégiques (les 3 premiers à court terme et les suivants à moyen terme) :

•améliorer l'efficacité énergétique, tant en ce qui concerne les entreprises, que le transport et le secteur du logement. À cet effet, des instruments économiques et de régulation doivent être mis en œuvre.

•Travaux d'infrastructure résistants aux changements climatiques : réseaux d'électricité, transports publics, transport multimodal de marchandises, pipelines CO2 plus performants

•Soutenir les technologies vertes : faciliter le financement de projets dans ce domaine et lever les obstacles commerciaux pour ces technologies

•Lancer des projets exemplaires dans le domaine du stockage du carbone, des centrales d'énergie solaire, des biocarburants de deuxième génération et de systèmes énergétiques à base d'hydrogène.

•Investir dans la recherche et le développement en matière d'efficacité énergétique, d'énergie renouvelable et de captage et stockage du carbone, notamment par la création de fonds de capital-risque et d'un "plan pour les technologies énergétiques" du G20.

•Promouvoir les technologies à faible émission de carbone par le développement d'un marché mondial du carbone avec un prix égal pour les secteurs et les pays

•Coordination de mesures visant à éviter les réflexes nationalistes dans les programmes de relance

Vous trouverez l'intégralité du rapport "Towards a global green recovery" sur le site   http://www.pik-potsdam.de/members/edenh/publications-1/global-green-reco...

Deux mois après, l’OCDE a publié sa “declaration on green growth” (juin 2009) dans laquelle on retrouve plusieurs propositions d’actions mentionnées ci-dessus: voir http://www.olis.oecd.org/olis/2009doc.nsf/LinkTo/NT00004886/$FILE/JT03267277.PDF

Europe

Face à la crise économique et financière, la Commission européenne a présenté un "Plan européen pour la relance économique" (COM 2008 (800) de novembre 2008, voir http://ec.europa.eu/commission_barroso/president/pdf/Comm_20081126.pdf), où des mesures européennes associées à des politiques nationales doivent favoriser la croissance et l'emploi. L'un des objectifs de ce Plan est « Accélérer la conversion vers une économie produisant peu de carbone.L'Europe sera ainsi bien placée pour appliquer sa stratégie de limitation du changement climatique et de promotion de la sécurité énergétique :une stratégie qui encouragera les nouvelles technologies, créera de nouveaux emplois "verts" et ouvrira de nouvelles perspectives sur les marchés mondiaux en rapide expansion, maintiendra sous contrôle les factures d'énergie des citoyens et des entreprises et rendra l'Europe moins tributaire des importations d'énergies. »

Cette approche, entérinée par le Conseil de l'Europe de décembre 2008, implique une série d'actions, axées notamment sur une meilleure efficacité énergétique, mais reste assez restreinte : ici, il n'est pas question d'un "green new deal". En effet, la Commission européenne n'a pas adopté une attitude proactive en ce qui concerne l'approche financière et économique : il est évident que l'élément central de la politique de relance incombait et incombe encore aux États-membres.

Ces différents plans de relance des pays de l'UE incitent, plus ou moins, à rendre la politique plus écologique ou plus durable, en réponse à la crise, et à adopter une approche intégrée à l'égard des différentes crises auxquelles nous sommes confrontés aujourd'hui. Vous trouverez notamment une analyse à ce sujet dans le document informel de la DG Environnement de la Commission européenne intitulé "Green elements from Member States’ recovery plans" (mai 2009, voir 

http://ec.europa.eu/environment/integration/pdf/recovery_plans.pdf). L'Ecolologic Institute de Berlin a rédigé, à la demande de l'ESDN (réseau du développement durable de l'UE) un rapport intitulé "Economic Stimulus in Europe – Accelerating Progress towards Sustainable Development?" (juin 2009) voir http://ecologic.eu/download/projekte/200-249/221-09/ESDN_Recovery_Report.... Ce rapport évoque également la "dimension verte" de la politique de relance dans plusieurs pays de l'UE. En outre, vous trouverez une analyse détaillée en la matière dans "Economic crisis, Rescue Packages in EU 27 and Renewable Energy", Doerte Fouquet, Heleen Witdouck, EREF, February 2009 voir http://www.ren21.net/pdf/Economic_Crises_and_Renewable_Investment_Rescue...).

Le PIB et au-delà

Le débat relatif à un Green ou Sustainable New Deal pour l'UE est indissociable de la réflexion sur les bons instruments de mesure de la politique, affirme la Commission dans une communication récente : "Lorsque le Conseil européen a approuvé le Plan de relance économique européen , il a reconnu que la crise devait également être considérée comme une occasion d'engager plus résolument notre économie dans la voie d'une économie à faible intensité de carbone et économe en ressources. La réponse à la crise devrait garantir la protection des membres les plus touchés et les plus vulnérables de la société. Ces défis soulignent la nécessité d'indicateurs plus riches, ne se limitant pas à la seule croissance du PIB et intégrant de manière concise les réalisations sociales et environnementales (telles qu'une amélioration dans les domaines de la cohésion sociale, de l'accès aux biens et services de base à des prix abordables, de l'éducation, de la santé publique et de la qualité de l'air), mais aussi les pertes en la matière (pauvreté accrue, criminalité en hausse, appauvrissement des ressources naturelles)." (COM(2009)433, 2.1 d'août 2009, voir http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2009:0433:FIN:...).

Cette communication de la Commission "Le PIB et au-delà" s'inscrit dans une réflexion lancée en novembre 2007 suite à la conférence "Beyond GDP", organisée par la Commission en collaboration avec le Parlement européen, l'OCDE, le WWF et le Club de Rome). Récemment, le Conseil (Environnement) a appuyé cette démarche en demandant à la Commission de compléter le PNB en tant qu’indicateur avec « additional robust, reliable and widely recognised indicators to measure progress towards an eco-efficient economy and to develop, together with Member States, a sustainable development scoreboard by 2010” (Council Conclusions 21 octobre 2009, voir

http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_Data/docs/pressdata/en/envir/1...

Dans la même optique, la "Commission sur la mesure de la Performance économique et du progrès social", présidée par Joseph Stiglitz, a publié, en septembre 2009, un rapport visant à "déterminer les limites du PIB en tant qu'indicateur des performances économiques et du progrès social" : voir http://www.stiglitz-sen-fitoussi.fr/en/index.htm

Chez nous et aux Pays-Bas, des conférences ont été organisées en 2008 et 2009 à Tilburg et à Anvers sur les instruments de mesure de la prospérité et sur le passage à une économie durable et solidaire, et ce à l'initiative de diverses ONG et associations. En janvier 2010, une troisième conférence intitulée "Een Fair & Green Deal" est prévue: voir  http://www.economischegroei.net/index.php?topic=til2010&style_id=0

Plus d’information

 

Citations

  • “Together, we face two crises: climate change and the global economy. But these crises  present us with a great opportunity—an opportunity to address both challenges simultaneously.Managing the global financial crisis requires massive global stimulus. A big part of that spending should be an investment—an investment in a green future. An investment that fights climate change, creates millions of green jobs and spurs green growth. We need a Green New Deal. (…) We also urgently need a deal on climate change to provide the political, legal, and economic framework to unleash a sustained wave of investment. In short, our response to the economic crisis must advance climate goals, and our response to the climate crisis will advance economic and social goals. | ( Ban Ki-Moon, Secrétaire général des Nations Unies, 11 décembre 2008)
  • “Le respect des engagements pris au niveau européen à l'horizon 2020 et les réponses à apporter à la crise économique actuelle offrent l'opportunité de réorienter les politiques et les investissements dans le sens du développement durable. Les plans de relance pris aux niveaux européen et régionaux, ainsi que le Plan de relance économique du Gouvernement fédéral du 11 décembre 20083 (notamment son chapitre C : investir dans la croissance et la durabilité) devraient intégrer pleinement la problématique climatique. Ceci peut constituer la première étape concrète pour la Belgique d'un sustainable new deal, tel qu'évoqué par le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon à Poznan le 11 décembre 2008.” | (CFDD, Avis sur le plan national climat, 2009 -2012, 5 février 2009)
  • “The Global Green New Deal report, part of the UNEP Green Economy initiative, is being presented here to ministers from the North and the South as an anti-dote to the current economic woes. It represents an opportunity to accelerate towards innovation-led, low carbon, low waste Green Economy societies with decent employment prospects for many more millions of people. (…) This agenda - this locomotive for sustainable development - is as relevant to developing and emerging economies as it is to industrialized ones. Greening the economy is as much about greening overseas development aid development; bilateral and multilateral assistance; south-south cooperation and direct foreign investment as it is about national investment.” | (Achim Steiner, Executive Director UNEP, 16 février 2009).
  • ” Le conseil plaide en faveur d’un “sustainable new deal” : une réponse structurelle et collective à la crise économique et financière, laquelle réorienterait notre production et notre consommation, tenant compte des défis écologiques, de la justice sociale et d’une économie saine. Il s’agit d’un processus de transition complexe, impliquant tant les pouvoirs publics que les acteurs, et qui ne peut pas être réalisé à court terme. Toutefois, il est nécessaire aujourd’hui de prendre cette vision pour point de départ des réponses politiques. Car les décisions que nous prenons maintenant en matière d’infrastructure, de logement et d’approvisionnement en énergie fixent nos choix sociaux pour plusieurs décennies, en raison de la durée de vie de tels projets et les suites directes et indirectes des investissements” | (CFDD, Avis sur la politique de relance du gouvernement fédéral,  27 mars 2009)

 

Presse

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